Protoxyde d’azote et loi RIPOST : infractions, amendes et défense
Page mise à jour le 31 octobre 2026
Contrôlé avec des cartouches dans votre voiture, verbalisé après avoir inhalé du gaz ou interpellé au volant : depuis le 20 août 2026, ces situations relèvent de délits créés ou durcis par la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, dite loi RIPOST, désormais promulguée. Voici le droit en vigueur au 31 octobre 2026, les peines, les codes NATINF et les moyens de défense. Maître Hugo Zerbib, avocat pénaliste inscrit aux barreaux de Paris et de New York, intervient partout en France, de la garde à vue à l’audience.
En bref
- Inhaler du protoxyde d’azote en dehors de tout acte médical est un délit depuis le 20 août 2026 : 1 an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende, ou amende forfaitaire délictuelle de 500 euros.
- Pour un particulier, détenir ou transporter une quantité supérieure au seuil autorisé à la vente est un délit : 2 ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, ou amende forfaitaire de 500 euros.
- À partir du 1er février 2027, détenir, transporter, céder ou offrir du protoxyde d’azote sera interdit à tous, sauf aux professionnels autorisés : 2 ans et 15 000 euros, jusqu’à 5 ans et 100 000 euros en bande organisée.
- La loi crée aussi un délit de conduite après consommation manifeste de substances psychoactives, puni de 3 ans et 9 000 euros, dont l’application au protoxyde dépend d’une liste réglementaire qui, à notre connaissance, n’était pas publiée au 31 octobre 2026.
Qu’a changé la loi RIPOST pour le protoxyde d’azote ?
La loi RIPOST a été promulguée le 18 août 2026 et publiée au Journal officiel du 19 août 2026. Ses mesures sur le protoxyde d’azote sont en vigueur depuis le 20 août 2026, sauf l’interdiction générale de détention et de cession et les règles sur les contenus en ligne, fixées au 1er février 2027. Le Conseil constitutionnel, saisi avant la promulgation, a censuré d’autres articles de la loi mais a jugé conformes l’amende forfaitaire du délit d’inhalation et le nouveau délit de conduite.
Depuis la loi du 1er juin 2021, le protoxyde d’azote était surtout encadré à la vente. La loi RIPOST vise désormais le consommateur, le détenteur, le transporteur et le conducteur. Elle ne crée pas le délit de transport « sans motif légitime » envisagé dans le projet de loi : elle raisonne en quantité, puis en interdiction générale.
L’inhalation de protoxyde d’azote est-elle un délit ?
Oui. Depuis le 20 août 2026, inhaler du protoxyde d’azote en dehors de tout acte médical est puni d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. Les poursuites peuvent être éteintes par le paiement d’une amende forfaitaire délictuelle de 500 euros, y compris en cas de récidive.
Les peines passent à 5 ans et 75 000 euros lorsque l’inhalation est commise dans ses fonctions par une personne dépositaire de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public ou occupant un poste de sécurité dans une entreprise de transport.
Pour le Conseil constitutionnel, ce délit suppose un acte d’absorption par les voies respiratoires traduisant la volonté de consommer le gaz hors de tout cadre médical. Il relève qu’il n’existe pas de procédé fiable de dépistage, tout en estimant que ces éléments peuvent être constatés, notamment en flagrance. La preuve de l’inhalation est donc centrale.
La détention et le transport de protoxyde d’azote sont-ils interdits ?
Aujourd’hui, un particulier ne peut pas détenir ni transporter une quantité de protoxyde d’azote supérieure à la quantité maximale autorisée à la vente. C’est un délit puni de 2 ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, avec une amende forfaitaire possible de 500 euros. À partir du 1er février 2027, l’interdiction deviendra générale.
Jusqu’au 31 janvier 2027 : le seuil de quantité
Le seuil de référence est fixé par un arrêté du 19 juillet 2023 : la vente à un particulier est limitée, par acte de vente, à des cartouches de 8,6 grammes au plus, dans une boîte de 10 cartouches au plus. Aucun autre conditionnement ne peut être vendu aux particuliers, c’est-à-dire aux personnes qui n’agissent pas pour leur activité professionnelle. La détention de bonbonnes est donc la situation la plus exposée. L’arrêté raisonne par acte de vente ; il ne dit pas comment apprécier la détention de plusieurs boîtes, ce qui peut se discuter.
À partir du 1er février 2027 : l’interdiction générale
Il sera interdit de détenir, de transporter, de céder ou d’offrir du protoxyde d’azote, quel qu’en soit le conditionnement, ainsi que tout produit destiné à faciliter son extraction. Seuls certains professionnels, énumérés par décret, pourront être autorisés. La violation sera punie de 2 ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, avec une amende forfaitaire de 800 euros en l’absence de circonstance aggravante.
Que risque-t-on pour la vente ou la revente de protoxyde d’azote ?
Depuis le 20 août 2026, vendre ou offrir du protoxyde d’azote à un mineur, en vendre dans un débit de boissons ou de tabac, ou vendre un accessoire destiné à faciliter l’extraction du gaz est puni de 2 ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. À partir du 1er février 2027, toute cession hors circuit professionnel autorisé sera un délit.
Le commerce en infraction s’expose aussi à une fermeture administrative ordonnée par le préfet, d’un mois au plus, portée à six mois en cas de réitération. À partir du 1er février 2027, les peines seront de 2 ans et 15 000 euros, portées à 3 ans et 30 000 euros en cas de cession à des mineurs, dans un établissement d’enseignement ou d’éducation, dans les locaux de l’administration ou à leurs abords, ou par un service en ligne, et à 5 ans et 100 000 euros en bande organisée.
Conduire après avoir inhalé du protoxyde d’azote : que dit la loi ?
La loi RIPOST crée un délit de conduite malgré la consommation manifeste de substances qui altèrent la vigilance, puni de 3 ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende. Pour le protoxyde d’azote, il vise le conducteur qui a manifestement consommé, de façon volontaire, détournée ou excessive, une substance psychoactive figurant sur une liste établie dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État.
Ce délit entraîne de plein droit la perte de la moitié du nombre maximal de points du permis, et les peines passent à 5 ans et 15 000 euros en cas d’ivresse manifeste associée. Le tribunal peut notamment suspendre ou annuler le permis pour 5 ans au plus.
Un point reste décisif : ce délit ne vise le protoxyde d’azote que si le gaz figure sur cette liste réglementaire. À notre connaissance, ni le décret ni la liste n’avaient été publiés au Journal officiel au 31 octobre 2026, et la liste NATINF d’octobre 2026 ne comporte aucun code pour ce cas. La rétention du permis par les forces de l’ordre renvoie à la même liste. Tant qu’elle n’est pas publiée, l’application de ce délit au protoxyde est contestable ; le conducteur surpris en train d’inhaler reste exposé au délit d’inhalation.
En cas d’accident mortel, la consommation volontaire, détournée ou manifestement excessive d’une substance psychoactive figurant sur une liste établie dans des conditions fixées par décret est l’une des circonstances de l’homicide routier, puni de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, et de 10 ans et 150 000 euros lorsque deux circonstances au moins sont réunies. D’autres circonstances peuvent être retenues indépendamment de toute liste. Les règles de l’alcool au volant et des stupéfiants au volant sont traitées sur des pages distinctes.
Quelles sont les infractions, les peines et les codes NATINF ?
Voici le droit en vigueur au 31 octobre 2026. Les peines sont des maximums, fixées en fonction de la gravité des faits et de la personnalité du prévenu ; les NATINF sont ceux de la liste officielle d’octobre 2026.
| Comportement | Peine maximale | Amende forfaitaire délictuelle | NATINF |
|---|---|---|---|
| Inhalation de protoxyde d’azote hors acte médical | 1 an et 3 750 euros | 500 euros (400 minorée, 1 000 majorée) | 40239 |
| Inhalation dans l’exercice ou à l’occasion de ses fonctions par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public | 5 ans et 75 000 euros | Non | 40240 (dépositaire de l’autorité publique), 40241 (mission de service public) |
| Inhalation dans les mêmes conditions par le personnel d’une entreprise de transport exerçant des fonctions qui mettent en cause la sécurité du transport | 5 ans et 75 000 euros | Non | Aucun code propre dans la liste d’octobre 2026 |
| Détention, par un particulier, d’une quantité supérieure au seuil autorisé | 2 ans et 7 500 euros | 500 euros (400 minorée, 1 000 majorée) | 40237 |
| Transport, par un particulier, d’une quantité supérieure au seuil autorisé | 2 ans et 7 500 euros | 500 euros (400 minorée, 1 000 majorée) | 40238 |
| Vente ou offre à un mineur | 2 ans et 7 500 euros | 500 euros | 34027 |
| Vente dans un débit de boissons ou de tabac, ou vente d’un accessoire d’extraction | 2 ans et 7 500 euros | 500 euros | 34029, 34030, 34031 |
| Provocation à l’inhalation | 2 ans et 15 000 euros (3 ans et 30 000 euros pour une provocation directe envers un mineur, ou dans un établissement d’enseignement ou d’éducation, dans les locaux de l’administration ou à leurs abords) | Non | 40242 à 40244 |
| Conduite après consommation manifeste d’une substance psychoactive figurant sur une liste réglementaire (non publiée au 31 octobre 2026, à notre connaissance) | 3 ans et 9 000 euros, moitié des points | Non | Aucun code dans la liste d’octobre 2026 |
| Violation d’un arrêté préfectoral | 150 euros au plus (contravention) | Non | Selon l’arrêté |
Verbalisé, convoqué ou placé en garde à vue pour du protoxyde d’azote ?
Votre permis a été retenu ?
Le cabinet examine la procédure et la preuve des faits avant que vous ne payiez une amende ou ne soyez entendu.
Qu’est-ce que le code NATINF et où le trouver ?
Le NATINF est le numéro qui identifie chaque infraction dans la nomenclature du ministère de la Justice. Lorsqu’il est mentionné sur un document qui vous est remis (avis d’amende forfaitaire, convocation), il indique précisément l’infraction reprochée ; l’avocat le retrouve aussi dans la procédure.
Pour le protoxyde d’azote, la liste officielle d’octobre 2026 distingue notamment l’inhalation hors acte médical (40239), la détention d’une quantité supérieure au seuil (40237) et son transport (40238).
Amende forfaitaire délictuelle : payer ou contester ?
Pour l’inhalation, la détention ou le transport au-delà du seuil, payer l’amende forfaitaire délictuelle de 500 euros met fin aux poursuites, mais l’amende est inscrite au casier judiciaire. Vous pouvez aussi la contester dans le délai indiqué.
L’amende doit être réglée dans les 45 jours, sauf requête en exonération formée dans le même délai ; elle est minorée si elle est payée sur place ou dans les 15 jours. Pour la détention, le transport et la vente, aucune consignation préalable n’est exigée pour contester. L’amende forfaitaire n’est pas applicable à un mineur, ni lorsqu’une autre infraction constatée en même temps ne peut pas en faire l’objet.
L’amende payée n’apparaît plus sur le bulletin n° 2 du casier trois ans après le paiement ; les démarches pour effacer son casier judiciaire sont présentées sur une page dédiée.
Comment se déroule la procédure ?
Les nouveaux délits étant punis d’emprisonnement, la personne soupçonnée peut être placée en garde à vue ou entendue en audition libre, à moins qu’une amende forfaitaire ne soit dressée sur place. Le procureur décide ensuite des suites : classement, amende forfaitaire, ordonnance pénale, comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ou convocation devant le tribunal correctionnel. Le tribunal peut aussi ordonner un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage détourné de produits de consommation courante, ajouté par la loi RIPOST. Enfin, la violation d’un arrêté préfectoral est une contravention de 2e classe, punie de 150 euros d’amende au plus.
Quels sont les axes de défense ?
Selon le dossier, plusieurs points peuvent être examinés :
- la preuve de l’inhalation : un acte d’absorption volontaire, hors cadre médical, doit être établi ;
- la quantité : le seuil de l’arrêté de 2023, le nombre de boîtes, un éventuel usage professionnel ;
- la date des faits : les nouveaux délits ne visent que les faits commis depuis le 20 août 2026, l’interdiction générale ceux commis à partir du 1er février 2027 ;
- la conduite : l’existence de la liste réglementaire et la réalité d’une consommation « manifeste » ;
- la régularité de la procédure : contrôle, fouille du véhicule, garde à vue ;
- la peine : situation personnelle, enjeu du permis, absence d’antécédents.
Quel est le rôle de l’avocat ?
Dès la garde à vue ou l’audition, l’avocat vous aide à préparer vos déclarations ; face à un avis d’amende forfaitaire, à choisir entre paiement et contestation. Avant l’audience correctionnelle, il vérifie la qualification et la procédure et prépare la défense, notamment lorsque le permis est en jeu.
Questions fréquentes
La loi RIPOST sur le protoxyde d’azote est-elle en vigueur ?
Oui. La loi n° 2026-798 du 18 août 2026 a été publiée au Journal officiel du 19 août 2026. Ses mesures sur le protoxyde d’azote s’appliquent depuis le 20 août 2026, sauf l’interdiction générale de détention et de cession, prévue pour le 1er février 2027.
Quelle est l’amende pour avoir inhalé du protoxyde d’azote ?
L’inhalation hors acte médical est punie d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. Les poursuites peuvent être éteintes par une amende forfaitaire délictuelle de 500 euros, minorée à 400 euros en cas de paiement rapide et majorée à 1 000 euros à défaut de paiement. Cette amende payée est inscrite au casier judiciaire.
Quel est le code NATINF de la consommation de protoxyde d’azote ?
Dans la liste officielle du ministère de la Justice d’octobre 2026, l’inhalation hors acte médical correspond au NATINF 40239, la détention d’une quantité supérieure au seuil au NATINF 40237 et le transport au NATINF 40238.
Peut-on transporter des cartouches de protoxyde d’azote dans sa voiture ?
Jusqu’au 31 janvier 2027, un particulier peut en transporter dans la limite de la quantité autorisée à la vente : cartouches de 8,6 grammes au plus, en boîte de 10 au plus. Au-delà, notamment avec des bonbonnes, c’est un délit puni de 2 ans d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. À partir du 1er février 2027, le transport sera interdit, sauf pour les professionnels autorisés.
Le protoxyde d’azote est-il considéré comme un stupéfiant ?
Non. Il ne figure pas sur la liste des stupéfiants fixée par l’arrêté du 22 février 1990, et la loi RIPOST crée des délits propres au protoxyde d’azote dans le code de la santé publique.
Que risque-t-on en conduisant après avoir inhalé du protoxyde d’azote ?
Le délit de conduite après consommation manifeste d’une substance psychoactive est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 9 000 euros d’amende, avec la perte de la moitié des points. Il ne vise le protoxyde d’azote que si celui-ci figure sur une liste établie dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État. À notre connaissance, ni le décret ni la liste n’avaient été publiés au Journal officiel au 31 octobre 2026.
Faut-il payer l’amende forfaitaire délictuelle tout de suite ?
Non. Vous disposez de 45 jours pour payer ou former une requête en exonération, le paiement dans les 15 jours donnant droit au montant minoré. Payer entraîne une inscription au casier judiciaire : mieux vaut vérifier avant si les faits sont contestables.
Poursuivi pour une infraction liée au protoxyde d’azote ?
Le cabinet intervient partout en France, de la garde à vue à l’audience devant le tribunal correctionnel, y compris lorsque votre permis de conduire est en jeu. Appelez ou écrivez pour un premier échange.
Textes de référence (version en vigueur au 31 octobre 2026)
- Loi n° 2026-798 du 18 août 2026 dite RIPOST (Journal officiel du 19 août 2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-915 DC du 14 août 2026
- Code de la santé publique, articles L. 3611-1 à L. 3611-5 (protoxyde d’azote)
- Arrêté du 19 juillet 2023 (quantité maximale de vente aux particuliers)
- Code de la route, article L. 237-1
- Code de la route, article L. 235-1
- Code pénal, article 221-18
- Code de procédure pénale, article 495-17
- Code pénal, article R. 610-5
- Ministère de la Justice, liste NATINF (octobre 2026)