Violences volontaires et ITT : peines encourues et défense du mis en cause

Page mise à jour le 10 octobre 2026

Vous êtes en garde à vue, convoqué ou mis en cause pour des violences, et l’on vous parle d’ITT ? La qualification et la peine encourue dépendent de la durée d’ITT et des circonstances aggravantes retenues. Cette page explique cette échelle, la procédure et les axes de défense. Maître Hugo Zerbib, avocat pénaliste inscrit aux barreaux de Paris et de New York, intervient partout en France à tous les stades de la procédure.

En bref

Les violences volontaires sont punies selon la durée d’ITT fixée par le médecin et les circonstances aggravantes : contravention en l’absence d’ITT ou jusqu’à 8 jours, délit au-delà ou en présence de circonstances aggravantes. L’enjeu se prépare avec l’avocat dès la garde à vue.

Qu’est-ce que le délit de violences volontaires ?

Les violences volontaires sont des actes commis volontairement sur une personne, qui portent atteinte à son intégrité physique ou psychique. Elles sont réprimées quelle que soit leur nature, y compris lorsqu’il s’agit de violences psychologiques.

La jurisprudence retient par exemple un acte de nature à causer à la victime une atteinte à son intégrité physique ou psychique, caractérisée par un choc émotif ou une perturbation psychologique, même sans contact avec son corps. Des comportements répétés d’intimidation peuvent ainsi être qualifiés de violences.

Qu’est-ce que l’ITT et pourquoi est-elle décisive ?

L’ITT, incapacité totale de travail, est une durée fixée par un médecin pour apprécier les conséquences des violences sur la victime. Elle n’est pas la durée d’un arrêt de travail : c’est une notion médico-légale, qui sert à qualifier l’infraction.

Cette durée peut être contestée, et c’est en définitive le juge qui fixe le nombre de jours d’ITT retenu. Le rôle de l’avocat est de vérifier comment elle a été établie, sur la base de quel certificat, et de demander si nécessaire une contre-expertise.

Quelles peines sont encourues selon la durée d’ITT ?

Sans ITT, la contravention est de 4e classe, avec 750 euros d’amende. Avec une ITT de 8 jours ou moins, elle est de 5e classe, avec 1 500 euros d’amende. Au-delà de 8 jours, il s’agit d’un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Une circonstance aggravante transforme en délit des violences sans ITT ou avec une ITT de 8 jours ou moins.

Situation Qualification Peine encourue
Sans ITT Contravention de 4e classe 750 euros d’amende
ITT de 8 jours ou moins Contravention de 5e classe 1 500 euros d’amende
Sans ITT, ou ITT de 8 jours ou moins, avec une circonstance aggravante Délit 3 ans d’emprisonnement, 45 000 euros d’amende
ITT de plus de 8 jours Délit 3 ans d’emprisonnement, 45 000 euros d’amende
ITT de plus de 8 jours, une circonstance aggravante Délit aggravé 5 ans d’emprisonnement, 75 000 euros d’amende
ITT de plus de 8 jours, deux circonstances aggravantes Délit aggravé 7 ans d’emprisonnement, 100 000 euros d’amende
ITT de plus de 8 jours, trois circonstances aggravantes Délit aggravé 10 ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende

Des peines complémentaires peuvent s’y ajouter, comme l’interdiction de détenir ou de porter une arme, la suspension du permis de conduire ou l’interdiction d’exercer une activité en lien avec les faits.

Quelles sont les circonstances aggravantes ?

Ce sont des éléments qui aggravent la qualification et la peine encourue. Des violences sans ITT ou avec une ITT de 8 jours ou moins, normalement contraventionnelles, deviennent un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende dès qu’une circonstance aggravante est retenue.

Parmi elles : les violences commises sur un mineur de moins de 15 ans, sur une personne particulièrement vulnérable, sur le conjoint, le concubin ou le partenaire, y compris l’ancien (voir la page sur les violences conjugales), en réunion, avec préméditation ou guet-apens, avec usage ou menace d’une arme, sous l’emprise manifeste de l’alcool ou de stupéfiants, ou en raison de la qualité de la victime (magistrat, avocat, agent public, professionnel de santé, enseignant…). Les motivations racistes ou sexistes aggravent aussi la peine.

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Que se passe-t-il en garde à vue pour des violences ?

La personne mise en cause peut être placée en garde à vue, avec l’assistance d’un avocat dès le début. La manière d’exposer sa version des faits, de garder le silence ou de répondre aux questions se décide avec l’avocat, avant la première audition, en fonction du dossier et des éléments déjà réunis.

Lorsque la personne dit avoir seulement répondu à une agression, elle peut invoquer la légitime défense à tous les stades de la procédure : voir la page sur la légitime défense.

Quelles suites après la garde à vue ?

Selon la gravité des faits, le parquet peut classer l’affaire, proposer une alternative aux poursuites, ou poursuivre devant la juridiction compétente : tribunal de police pour une contravention, tribunal correctionnel pour un délit. Les faits peuvent aussi être examinés en défèrement puis en comparution immédiate, par convocation devant le tribunal correctionnel, ou dans le cadre d’une information judiciaire.

Une peine d’au plus 5 ans d’emprisonnement encourue relève en principe du juge unique. En cas de délit, des mesures de sûreté comme le contrôle judiciaire peuvent être décidées avant le jugement.

Quels sont les axes de défense ?

La défense s’organise selon le dossier. Elle peut porter sur la réalité des faits et leur preuve, sur la durée d’ITT et la manière dont elle a été établie, sur les circonstances aggravantes retenues, sur la légitime défense lorsqu’elle est invocable, ou sur le contexte dans lequel les faits se sont produits.

Le choix entre silence, déclaration ou réponses aux questions, et la stratégie à l’audience, ne se font qu’après étude du dossier avec l’avocat.

Quel est le rôle de l’avocat ?

L’avocat analyse les faits et leur qualification, vérifie le certificat d’ITT, prépare les déclarations, assiste aux auditions, négocie le cas échéant les suites de la procédure et plaide devant la juridiction saisie. Il intervient aussi sur les conséquences après la décision, comme l’effacement du casier judiciaire ou l’aménagement de peine.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre violences volontaires et ITT ?

Les violences volontaires sont l’infraction. L’ITT (incapacité totale de travail) est une durée fixée par un médecin pour évaluer les conséquences des violences sur la victime. C’est cette durée, avec les circonstances aggravantes, qui détermine la qualification : contravention ou délit, et peine encourue.

Peut-on être poursuivi pour des violences sans ITT ?

Oui. Des violences sans ITT, ou avec une ITT de 8 jours ou moins, sont en principe une contravention. Elles deviennent un délit lorsqu’une circonstance aggravante est retenue, par exemple des violences commises en réunion, avec une arme, ou sur le conjoint ou l’ex-conjoint (voir la page sur les violences conjugales).

Les violences psychologiques sont-elles des violences volontaires ?

Oui. La loi réprime les violences quelle que soit leur nature, y compris psychologiques. Un acte de nature à causer à la victime une atteinte à son intégrité physique ou psychique, caractérisée par un choc émotif ou une perturbation psychologique, peut constituer le délit, même sans contact physique.

Que risque-t-on pour des violences avec ITT de plus de 8 jours ?

Il s’agit d’un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Cette peine augmente en présence de circonstances aggravantes : 5 ans et 75 000 euros avec une circonstance, 7 ans et 100 000 euros avec deux, 10 ans et 150 000 euros avec trois.

Peut-on invoquer la légitime défense ?

Oui, si les conditions de la loi sont réunies : une atteinte injustifiée, une riposte simultanée, nécessaire et proportionnée. Elle doit être démontrée par la personne qui l’invoque. Voir la page sur la légitime défense.

Faut-il un avocat dès la garde à vue pour des violences ?

L’avocat peut assister à toutes les auditions dès le début de la garde à vue. La manière d’exposer sa version des faits, de garder le silence ou de répondre aux questions se décide avec lui, avant la première audition.

La procédure peut-elle aboutir à la prison ?

Cela dépend de la qualification, des circonstances et de la situation de la personne. Pour un délit, le tribunal correctionnel peut prononcer une peine d’emprisonnement avec sursis ou ferme. Une peine ferme n’entraîne pas toujours une incarcération immédiate : lorsqu’elle est prononcée sans mandat de dépôt, elle peut être aménagée. Voir la page sur l’emprisonnement ferme sans mandat de dépôt.

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